Le compte rendu du colloque GEEA : « Innovations : quel nouveau visage pour la France de demain ? »

« Génération entreprise-Entrepreneurs associés » (GEEA),  association d’intérêt général qui rassemble plus de 150 parlementaires, a organisé hier, à l’Assemblée nationale, un grand colloque sur l’innovation, en présence de plus de 400 invités.  

Alors que notre pays vit une mutation profonde de son économie, Olivier DASSAULT, Député de l’Oise et Président de GEEA, a d’abord rappelé l’importance de « retrouver foi en la Science et de renoncer aux idéologies de la peur et du risque zéro ». C’est pourquoi, il a demandé au gouvernement de garantir la pérennité du Crédit Impôt Recherche, la mesure fiscale la plus incitative du monde pour innover, et de supprimer de la Constitution le principe de précaution. C’est en effet la condition pour que notre pays « continue d’éclairer le monde de ses découvertes ».

Jean-Michel FOURGOUS, Maire d’Elancourt et co-fondateur, a ensuite insisté sur la nécessité de prendre en compte l’ampleur de cette « Révolution numérique, le plus grand démultiplicateur d’intelligence et d’innovation que l’homme ait inventé ».

Natacha POLONY a alors évoqué l’importance de la transmission des connaissances classiques dans la formation de nos jeunes afin de les aider à prendre le recul nécessaire pour mieux préparer l’avenir. « L’arbre pousse par ses feuilles, mais aussi par ses racines », a-t-elle complété.

Puis, Pascal DALOZ, directeur général adjoint de DASSAULT SYSTEMES, a rappelé le besoin de renouveler notre parc de robots industriels. Alors que près de 700 000 emplois ont été détruits en 10 ans dans l’industrie, il estime que la mise en place d’une « usine du futur », plus performante, plus écologique et plus compétitive, est  la véritable clé de notre redressement national.

Quant à Gérald KARSENTI, PDG d’HP France, il considère que « beaucoup de leader galopent aujourd’hui derrière ce monde en plein bouleversement ». C’est pourquoi, il faudrait notamment « former la classe politique aux enjeux du digital ». « De nombreux patrons du CAC 40 s’entourent déjà de « digital officer » pour appréhender la nouvelle ère numérique », a-t-il ajouté.

Et après que Christian PEUGEOT, directeur des affaires publiques du groupe PSA, ait abordé les 3 grands enjeux de l’automobile de demain, à savoir la sécurité, la qualité environnementale et la voiture autonome, ce fut au tour de Laurent SOLLY, le directeur général de FACEBOOK France, de décrire cette nouvelle révolution industrielle « la plus rapide et la plus disruptive de tous les temps ». Selon lui, cette dernière représente  « une vraie opportunité de développement, mais à condition d’en être des acteurs et non d’en subir passivement les conséquences »…

Enfin, Emmanuel VIVIER, co-fondateur du HUB INSTITUTE, a détaillé l’impact du numérique dans la sphère éducative (école 42, Webinar, conférences TEDX…), le digital révolutionnant les méthodes d’apprentissage traditionnelles et l’accès à la connaissance, avant que Luc FERRY ne conclue l’évènement.

Pour le philosophe et ancien Ministre de l’Education nationale, si l’innovation apparaît d’abord comme étant destructrice, l’innovation rendant mécaniquement obsolète tout ce qui est ancien, elle constitue en fait le seul moteur de la croissance moderne dans notre économie mondialisée. Dans ce contexte, il a alors appelé l’Etat à « s’intéresser davantage aux services rendus aux citoyens, plutôt qu’à la protection du consommateur », et à chercher à « émanciper la société » plutôt que de toujours vouloir « la corriger ».

Alors qu’Olivier DASSAULT vient d’être nommé, par Nicolas SARKOZY, Président du « Comité des entrepreneurs » des Républicains, les parlementaires de GEEA ont aussi  annoncé la publication prochaine d’un Livre blanc qui reprendra ces débats sur l’innovation, thème majeur pour l’avenir de notre pays.