Proposition de loi n°2284 : miser sur l'insertion des jeunes dans l'entreprise

Sans perspective, notre jeunesse doute, perd confiance en elle et sombre dans le pessimisme.

Seulement 17 % des jeunes français jugent l’avenir de leur pays prometteur. C’est un niveau de morosité inégalé dans le monde qui se justifie par un taux de chômage pour les 15-24 ans de 2 à 2,5 fois supérieur à celui de leurs aînés. 150 000 d’entre eux chaque année sortent du milieu scolaire sans diplôme, ni perspective professionnelle.

Lors de son colloque du 19 juin dernier, l’association « Génération Entreprise – Entrepreneurs Associés », composée de 135 parlementaires, s’est interrogée sur les solutions à adopter pour favoriser l’insertion des jeunes dans l’entreprise. Les conclusions étaient unanimes : loin d’une fatalité, il faut aussi miser sur l’intelligence de la main pour garantir un emploi durable à l’issue de la formation des jeunes les moins diplômés. Les Allemands réussissent avec succès à insérer les moins de 25 ans dans les entreprises. La France est capable d’en faire tout autant !

Pendant longtemps, les parents et le système éducatif ont considéré que la meilleure arme pour s’insérer dans le marché de l’emploi, c’était le diplôme. Or, les chiffres démontrent que l’apprentissage est un excellent vecteur d’accession à l’emploi. Selon une étude de l’INSEE, à caractéristiques égales et pour un même diplôme, les apprentis ont sept fois plus de chance de trouver un emploi que leurs homologues, passés par la filière scolaire.

Le modèle allemand est tout à fait remarquable au sujet de l’apprentissage. Il est même quasiment systématique pour passer dans l’entreprise. Ce pays fait rêver le monde entier avec un taux de chômage des 15-24 ans de 7 %, presque le même que celui des adultes. C’est trois fois moins qu’en France.

Le chômage des jeunes mérite des réponses structurelles, pas des opérations cosmétiques sur les statistiques ! Si les contrats aidés limitent le chômage, ils vont coûter cher : 1,2 milliard d’euros en 2014, avant toute rallonge. Or, selon les chiffres du Medef, financer l’embauche d’un apprenti coûterait à l’État 10 fois moins cher qu’un contrat aidé !

Cette proposition de loi a pour objectif de supprimer toutes les charges patronales pendant la durée des contrats d’apprentissage conclus en 2015. Si cette expérience est positive, elle sera susceptible d’être reconduite.